A bien y réfléchir, écrire des chroniques et donner son avis
sur des sujets à propos desquels on ne vous demande rien,
est d'une prétention rare !
Qui cela peut-il intéresser ? Les visiteurs
de ce site n'y viennent pas pour connaître l'opinion
de Monsieur L. à propos de
choses dont ils se contrefichent ou pour lesquelles ils ont très
certainement
une opinion personnelle déjà bien arrêtée...
Soit. Admettons. Je n'écrirai donc ici que pour moi, voilà tout. Et
vous êtes prié de quitter cette page immédiatement !
Je plaisante, vous faites bien ce que vous voulez ! Toujours
est-il que ces chroniques, que j'envisage d'écrire de
manière très irrégulière, naissent aujourd'hui d'un constat quotidien :
dès que j'allume la radio ou la télévision, dès que j'ouvre un
journal, j'ai un commentaire à faire. Depuis tout petit ! Toujours
quelque chose qui accroche mon esprit, insolite, ridicule, drôle,
irritant, étonnant, révoltant.
Plus que l'information elle-même, c'est
son traitement qui bien souvent m'interpelle. Quand je vois le but raté
d'un
footballeur faire la une et que la mort d'un enfant sous les coups de
son père est traité en deux phrases. Quand montrer des stars secouant
leurs bijoux à
l'ouverture d'un festival prend plus de temps d'antenne ou plus de
place qu'un peuple qui meurt de
faim dans l'indifférence internationale ou un groupe industriel ruinant
une région entière en délocalisant une usine. Quand un genre de
Superman
boursier parvient à détourner plus de 4 milliards d'euro sans que
la banque qui l'emploie s'en aperçoive alors que la même banque
vous menace en recommandé avec accusé de réception dès qu'il manque
une centaine d'euro pour faire le joint sur votre compte. Quand l'avis
d'un
homme
politique sur un sujet banal, avis qui n'apporte rien de plus que ce
que
n'importe quel citoyen
peut en dire, est commenté, disséqué, autopsié, analysé alors même
qu'on
oublie d'interroger les personnes compétentes qui eussent apporté un
véritable éclairage sur la question. Quand quelques parvenus se
gobergent en
nous donnant des leçons de morale...
Voilà de quoi seront faites ces chroniques. Je ne sais pas si elles
seront plus intéressantes que les centaines d'autres qui foisonnent
dans les différents blogs, radios, web-radios, journaux que vous pouvez
croiser au quotidien. Peu importe, d'ailleurs. Le pacte sera tacite :
vous êtes ici par votre propre volonté et je ne vous retiens pas en
otage. Comme me disait ma mère à l'adolescence : "Si ça ne te plaît
pas, la porte marche dans les deux sens !". Il est donc inutile de
m'écrire pour me dire que vous approuvez ou que vous conchiez mon
avis sur telle ou telle question. Je n'écris ces chroniques que pour
alimenter mes frustrations d'intellectuel avorté, rien de plus. Rien ne vous
empêche d'écrire vos propres chroniques dans un espace à vous. On peut même faire
des échanges de liens, si vous le souhaitez...
Sur ce, commencons.