09 juin 2008

On nous l'annonce comme certain, on avance même le nom de sa remplaçante, Patrick Poivre d'Arvor quittera TF1 en septembre 2008. La nouvelle est suffisamment bouleversante pour que  les journaux de la matinée sur les radios que j'écoute en fasse leur ouverture ! Alors même que la veille Rafaël Nadal a écrasé Roger Federer (merci de vérifier l'orthographe de ces patronymes, le sujet m'intéresse suffisamment peu pour que je le fasse moi-même) d'une façon telle qu'on aurait pu croire qu'il ne s'agissait pas d'une finale de Roland-Garros mais d'une scéance de rééducation du Suisse après un accident, qu'il ne s'agissait pas de LA finale annoncée par tous les médias et tous les commentateurs comme LA finale du siècle, LE match au sommet, l'invaincu de la terre battue contre le n°1 du tennis mondial, n°1 -on nous l'assurait comme on nous assure aujourd'hui que PPDA est sur le départ- qui aurait à coeur d'accrocher enfin ce titre qui manque tant à son palmarès, ce n°1 qui a tout gagné, tout sauf Roland-Garros (il n'y a pas deux l à Rolland ?), ce n°1 qui a pris la fessée de sa vie face à un Nadal impérial, un Espagnol au sommet de son art sans aucune mansuétude ni compassion pour ce vide dans la vitrine de Roger, un joueur qui remporte pour la quatrième fois consécutive Rolland Gravos avec une telle facilité que ses concurrents étaient à deux doigts de déclarer forfait pour 2009 et on ouvre un journal sur la disparition probable d'un dinosaure dont les ados d'aujourd'hui auront oublié le nom demain, certains ignorant déjà qui étaient Napoléon, De Gaulle ou leur prof de maths de l'année dernière... Je ne suis pas adepte du sport télévisuel mais au moins, cette info avait du chien, du panache, en un mot, elle avait de la gueule ! Ignorer un tel score (6-1, 6-3, 6-0, bonjour chez vous) au profit d'un présentateur de journal télévisé qui n'a même pas confirmé son départ, quand bien même il s'agirait du présentateur préféré (sondage médiamétrie brandi par TF1) des Français, je suis un peu sidéré. Préférer le contenant au contenu serait-il désormais applicable à l'information ? N'en doutons plus (mais respectons la langue française car il suffit de deux espaces dans les mots précédents pour changer le sens de la phrase). N'en doutons pas puisque manifestement le présentateur d'un journal télévisé, qui ne devrait être qu'un canal de l'information qu'il donne, qui n'est même pas sensé être le rédacteur en chef dudit journal et n'a donc en principe aucun poids sur les informations qu'il présente, qui devrait ipso facto être remplaçable au pied levé sans que ça interfère sur ladite information, devient un sujet incontournable, une information essentielle, un fait de société bien avant l'actualité générale.
Il y avait d'autres sujets à traiter, peut-être, avant celui-ci. Une question de priorités, de hiérarchies, de moralité aussi. Il me semblait que les journalistes se targuaient jusqu'à présent d'une certaine déontologie. Ca a dû leur passer... Je me demande si, à force de marcher sur la tête, le monde ne va pas avoir mal au crâne...

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