Parvenu

bordure plume écrivain

Si j'étais parvenu à travailler un peu
Lorsque je poursuivais de galopantes études
Je vivrais aujourd'hui, sauf incident sérieux
Chez des gens à principe et bourrés d'habitudes
J'enlèv'rais mon chapeau en croisant mon reflet
Me ras'rais tous les jours et trouv'rais indécent
De rir' à tous propos, je retiendrais mes pets
Pas l'odeur, car un pet, rich' ou pauvre, ça se sent

Parvenu
Parvenu par erreur à parvenir par hasard
Parvenu
Par d'ssus l'particulier au parano Paradis

Je serais un battant prêt à tout pour gagner
J'écras'rais méprisant l'hésitant inférieur
J'aurais des costum's chics au lieu de jeans troués
Et un' calculatrice en lieu et place du coeur
Je cod'rais mon langage de chiffres et de calculs
Et pour fuir les poètes, me gausser des rêveurs
J'aurais les crocs luisants, l'haleine fraîch' et l'air nul
Ne me dites plus "Lionel", app'lez-moi "Monseigneur" !

Mais je ne suis rien d'autre qu'un bouffon troubadour
Qui ne parviens à rien, qui n'sait mêm' pas compter
Ou qui compte sur la chance qu'il aura bien un jour
Parce que, pour parvenir, suffit pas d'travailler
Alors là
Je boirai du caviar dans des flutes traversières
J'aurai un' Rolls, un yacht, un' île privée... de rien
Un cinéma avec plein d'films, ceux d'Isabelle Huppert
Et partout des posters de Moi, parce que j'm'aime bien !