Arthur Rambo, poète musclé

Arthur parie au cours d'une fête
De dev'nir un clône de Schwarzy
Maint'nant qu'il s'est muclé la tête
En roupillant dans les amphis
Il quitte sa dégaine de débile
Dans un vestiaire qui sent la sueur
Entouré de musculophiles
Badigeonnés à l'huile moteur
Il s'imagine en John Rambo
Avec l'esprit d'Madame de Staël
Mais peut-on être Arthur Raimbaud
Quand on soulève un d'mi quintal ?"
Là, impatient comm' un morpion
Accroché à la paire de douilles
D'un légionnair' en permission
Dans la maison d'la mère l'Embrouille
Il se déguis' en Chippendale
Dans ce club de stars anonymes
Emoustillé comm' un' pucelle
Devant le torse d'un prof de gym
Le héros se prépare à entrer dans l'arène... Le torse bombé,
l'oeil allumé, la veine jugulaire palpitante et prête à exploser, la verge en fleur, l'obélisque
dressée comme un menhir, prêt pour le Grand Rut, le brâme et l'écume au bord des lèvres... Attention,
ça va feuger au rayon taupe !!!
Mais dès qu'il soulèv' un' haltère
Ses épaules dégringol'nt aux g'noux
Son coeur lui fait un' grève d'artère
Et son dos le déguis' en gnou
Arthur ressort sur un' civière
En morceaux, cassé, fracassé
Ridicule devant l'infirmière
Bien moins poète et pas muclé
(mais alors pas du tout !)
-ref bissé-