Sales Voisins

bordure plume écrivain

C'étaient des gens très ordinaires
De ceux que l'on croise tous les jours
Des visages mous, des yeux d' cocker
Et des oreilles qui vont autour
Des bras en haut, des jambes en bas
Le genr' à être des sales voisins
Tu sais, ceux à qui qu'on cause pas
Parce qu'ils tondent le dimanche matin...

Le jour qu'ils ont emménagé
Lui et ses chiards, son chien, sa femme
Perso, j'me suis tout d'suite méfié
J'savais qu'ça finirait en drame
Le camion devant mon portail
Tout' un' journée, j'ai trop rien dit
N'empêche que c'est c'genre de détail
Qu'a fait qu'j'leur ai jamais rien dit !

Sales voisins
Têtes de chiens
Saligauds
Têtes de veaux !


Chaque jour, j'ai fait ce que j'ai pu
Pour leur rendre la vie impossible
Crevé les pneus de leur charrue
Aux fléchettes, pris leur chien pour cible
Lancé des pierres dans leur piscine
Mis des coups d'pied dans leur poubelle
Au barbecue fait des sardines
Dis à la mère qu'elle était belle !

Lui, d'son côté, ne disait rien
Et les enfants étaient gentils
Ils étaient potes avec le mien
Et même le clebs était poli
Nos femmes s'échangeaient des recettes
Des plantes, des secrets, des adresses
Pour un peu, y aurait eu la fête
Il fallait que cette histoire cesse !

-ref-

Je suis rentré un soir chez moi
"Bonsoir, chérie ! Tchô, les enfants !"
Qu'est-ce que l'silence peut donner froid
Quand tout c'monde là a foutu l'camp !
Ils vivent maint'nant chez mes voisins
Plus personne ne me dit bonjour
Je m'fais aboyer par mon chien
Et ils font la fête dans ma cour !

-ref ad lib-